Côte D’Ivoire – Mabri Toikeusse viré! On t’a dit que “Après Dieu, c’est Alassane Ouattara”

Albert Mabri Toikeusse, l’homme qui a offert l’UDPCI, le parti créé par le Général Robert Guéi, à Alassane Dramane Ouattara, vient d’être viré par ce dernier du gouvernement où il était ministre des affaires étrangères, comme un malpropre. La disgrâce est probablement venue du fait que celui qui était bien content de recevoir sans rien donner, a commencé à être gourmand et à avoir des exigences alors que son poids réel et celui de son parti, le plus ethniquement caractérisé sur l’échiquier politique ivoirien, sont bien loin de faire de lui un personnage incontournable.

Alors qu’il était en mission à l’étranger et devait rejoindre Ouattara à Paris d’où ils devaient ensemble aller à Malabo en Guinée équatoriale, il a été remplacé par Amadou Gon Coulibaly , a-t-on appris, et il lui a été demandé de rentrer de toute urgenc.e en Côte d’Ivoire. On sait désormais pourquoi puisqu’il a été remplacé au gouvernement par Marcel Amon-Tanoh.

Quelle leçon peut-on tirer à chaud de cette expulsion de Mabri Toikeusse du gouvernement de Ouattara ?

D’abord, la première leçon nest que Ouattara n’aime pas être contrarié, comme tout bon dictateur qui se respecte. On se souvient qu’il avait dissous le gouvernement pour faire payer le PDCI dont un député récalcitrant voulait amender sa loi sur le mariage. Nous avons aussi vu comment Anaky Kobenan a été sorti du RHDP et même du parti qu’il a créé et dont une partie est désormais reconnue par le régime militairement installé par la France et protégé aussi par elle, selon le premier ministre français Manuel Valls lors de son dernier voyage à Abidjan. On pourrait citer beaucoup d’autres cas de partis politiques, de syndicats ou de simples organisations de la société civile qui paient cher le fait de ne pas être d’accord avec la politique de Ouattara, mais on va s’arrêter là pour dire que Mabri Toikeusse subit donc ce que subissent généralement tous ceux qui ont décidé de vendre leur dignité pour un plat de lentilles et qui voudraient encore, plutôt que d’assumer pleinement la logique de collaboration, faire valoir des exigences pour montrer, on ne sait trop à qui, que leurs volontés peuvent encore être prises en compte par le tyran des Lagunes.

Abadallah Mabri Toikeusse l’apprend donc à ses dépens même si on imagine bien qu’il savait très bien qu’il risquait ce qui lui est arrivé, parce que ce serait insulter son intellignece que de penser qu’il ne sait pas ” dans quoi il est “, comme disent les ivoiriens, parce qu’il n’est pas le premier et ne sera pas le dernier car tous ceux, y compris l’ancien président Henri Konan Bédié, qui voudront s’opposer à Ouattara connaîtront le sort de Mabri Toikeusse , d’une façon ou d’une autre.

Mais on peut aller encore plus loin car Ouattara , l’homme qui a fait assassiner Ibrahim Coulibaly alias IB, celui qui plus que n’importe quel autre de ses lieutenants d’aujourd’hui, aura été l’artisan le plus important de la rébellion montée chez Blaise Compaoré au Burkina Faso, n’a besoin de personne. Il veut tout le monde à ses piedsparce qu’il se prend pour Dieu après Dieu. Et c’est ce que le secrétaire général du RDR Amadou Soumahoro a voulu faire savoir à ceux qui voudraient en douter que “Après Dieu, c’est Alassane Ouattara“. Ne pas prendre cela en compte, surtout quand on a été fait par lui, peut coûter cher, et même très cher si on montre un peu trop sa déception, une erreur que ne fera certainement pas Mabri Toikeusse si on s’en tient à ses premiers mots d’ancien ministre.

Alexis Gnagno

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