Pourquoi je ne comparerai pas Gbagbo à Yaya Jammeh.

Je les vois s’égosiller en comparant ce que Yaya Jammeh à fait, laissant le pouvoir à Adama Barrow dont il a ouvertement reconnu lui-même la victoire à l’issue d’une élection présidentielle.

Si je suis foncièrement contre le fait qu’une élection débouche sur une crise et occasionne mort d’hommes, je demeure farouchement opposé à l’immixtion de puissances étrangères dans la politique étrangère d’une nation pour imposer des pions (au prix de milliers de vie) qui leur seront directement redevables. C’est là que se trouve véritablement l’écart entre la Gambie et la Côte d’Ivoire.

De nombreux points de divergences demeurent, qui suscitent aujourd’hui une mobilisation dans le monde autour du dossier Gbagbo et Blé Goudé:

– En Gambie, il n’y a pas eu de rébellion armée sortie du ventre d’un pays voisin et adoubée par un pays européen (la France dans le cas de la Côte d’Ivoire)…
– En Gambie, il n’y a pas eu de zones CNO et de zone gouvernementale…
– En Gambie, il n’y a pas eu de gouvernement de réconciliation avec des ministres à la manœuvre…
– En Gambie, il n’y a pas eu de Premiers ministres successifs ayant à l’esprit un pilotage « concomitant » du bateau…
– En Gambie, il n’y a pas eu de candidats exceptionnels…
– En Gambie, il n’y a pas eu deux armées se regardant en chien de faïence et une escortée par des forces étrangères jusqu’à la capitale pour chasser un candidat…
– En Gambie, il n’y a pas eu la validation d’une élection par une organisation internationale fut-elle l’Onu…
– En Gambie, il n’y a pas eu de Commission électorale tant contestée à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays…
– En Gambie, il n’y a pas eu un président d’un autre pays (Nicolas Sarkozy) qui a intimé ouvertement l’ordre à Yaya Jammeh de dégager le plancher…
– En Gambie, il n’y a pas eu, il n’y a pas eu, il n’y a pas eu ce qu’il s’est déroulé en Côte d’Ivoire sur les 10 dernières années ayant précédé l’élection présidentielle…

Bref, Yaya Jammeh, tout puissant président, ayant la mainmise sur son pays depuis 22 ans, a bien voulu tester sa popularité. Mal lui en pris, il a été laminé par un ancien vigile. Il l’a joint lui-même devant les médias pour le féliciter et était dans des dispositions d’esprit de se retirer tranquillement dans son village jusqu’à ce que son adversaire lui démontre qu’il n’aura pas la vie tranquille s’il prend les commandes de la Gambie.

S’il y a bien eu un président qui a fait de nombreux sacrifices, qui s’est humilié et s’est fait humilier par des présidents, ministres et autres diplomates étrangers rien que pour le retour de la paix dans son pays, un président qui a bravé et l’animosité de ses adversaires et une farouche volonté d’en découdre de lui-même ses partisans pour tenter tant bien que mal de garantir la stabilité de son pays et des institutions de celui-ci, c’est bien le président Laurent Gbagbo.

Il y a une question qui demeure (quand bien même il faut qu’on avance parce que nous sommes déjà devant le fait accompli), c’est « qui a gagné les élections en 2010 ? »
En Haïti, il y a eu tranquillement recomptage. Aux Etats-Unis, il y a eu tranquillement recomptage… Mais pourquoi le monde entier n’a pas suivi Gbagbo dans ce sens pour le confondre ensuite si tant est qu’il avait l’intention de se maintenir au pouvoir?

Pourquoi cette volonté ouverte et belliqueuse de dégager un individu était si brûlante que celle du recomptage des voix en Haïti, aux Etats-Unis sans effusion de sang… ?
Autant dire qu’il faut observer (en victime résigné) des mains occultes venir préparer et déposer tranquillement au pouvoir un individu au mépris des règles définies par le peuple et confiées aux Institutions.

Bref, qu’il faut retourner à l’époque de l’esclavagisme et du colonialisme avec en toile de fond aucune résistance afin d’y demeurer éternellement…

A bientôt !!!

Saint-Claver Oula

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