SERVIR OUATTARA EST PARFOIS RISQUÉ, ET MÊME TRÈS RISQUÉ

Ce soir, avec le sort que viennent de subir deux de ses soutiens qui ont été éjectés de son gouvernement sans ménagement, nous allons écrire ensemble l’histoire pour évoquer le sort que Ouattara réserve à ceux qui ont servi son ambition pour le pouvoir.

”Quand on dîne avec le diable, il faut se munir d’une longue cuillère” dit-on mais tout se passe comme si avec Ouattara, il n’y a pas de cuillère assez longue pour qui dîne avec lui. On va faire ici un petit bilan de la rébellion et de la collaboration avec la rébellion, ce qui nous permettra de voir ensemble ce que chacun des acteurs a pu retirer d’une collaboratiion directe ou indirecte avec la rébellion de Ouattara. Et il y a du monde.

On va donc aller aux origines pour commencer par celui qui a monté la rébellion de façon pratique en recrutant les autres, c’est-à-dire Ibrahim Coulibaly. Il a été envoyé ad patres par Ouattara en guise de remerciements, deux semaines après avoir été installé au pouvoir. Tué !

Ensuite, on va voir quel sort a été réservé à ceux qui étaient à Marcoussis du côté de la rébellion.

Doh Felix alias Ndri Saint Clair, du MPIGO, assassiné à Bouaké

Dely Gaspard du MJP, on ne sait pas ce qu’il devient . Quelqu’un pourrait-il donner des nouvelles de lui ?

Il faut rappeler que ces deux mouvements ont été créés pour créer le surnombre à Marcoussis, et il n’est donc pas étonnant qu’ils aient totalement disparu de la circulation sans que jamais leur dissolution ait été annoncée. On continue.

Soro Guillaume, MPCI. Il a déjà échappé à un attentat. Il est aujourd’hui en voie de neutralisation politique. Son avenir dépendra en grande partie de lui, de sa capacité à se maîtriser et à accepter l’humiliation.

Chacun pourra compléter cette liste dans laquelle on pourrait ajouter Roger Banchi et d’autres encore qui ont quitté le navire ou qui ont été écartés et à qui on n’a juste ménagé que le pain en espérant qu’ils s’en contenteront. Sinon, attention danger !

Allons maintenant voir du côté des hommes qui ont fait le lit politique de la rébellion.

Konan Bédié, l’un des plus grands bénéficiaires de la rébellion, est aujourd’hui tenu politiquement en laisse par Ouattara et ses maîtres. Le président octogénaire du PDCI n’a aucune marge de manœuvre et doit avaler toutes les couleuvres . Il n’y a de toute façon chez lui aucune volonté de s’opposer à Ouattara qui a casé toute sa famille. Madame aurait bénéficié avec son association Servir d’une subvention de 200 millions de fcfa. Les enfants sont mis à l’abri du besoin avec pour certains un permis d’importation du riz ou de gros salaires dans les sociétés d’État. Selon certaines informations, l’une des filles Bédié serait dans deux sociétés d’état DGA dans l’une, c’est-à-dire Directrice générale Adjointe dans, et DG dans l’autre, donc Directrice générale. Monsieur Bédié lui-même toucherait 27 millions de fcfa par mois sans compter les multiples et énormes avantages en nature. Et c’est cela que j’ai appelé ” une famille au beurre de L’État ivoirien “.

Allons ensuite voir ce qui s’est passé avec les autres.

Wodié dont le mouvement n’a jamais adhéré au G7( Groupement de quatre partis politiques RDR, PDCI, UDPCI et MFA, et de trois mouvements rebelles MPCI, MJP, et MPIGO ), avait cependant une proximité avec Ouattara dont il sera le président du Conseil Constitutionnel d’une façon tout à fait illégale dont l’homme de droit s’accommodera. Il finira par démissionner de son poste pour ne pas avoir à s’opposer à son bienfaiteur. Il est aujourd’hui invisible.

Anaky Kobenan, ce compagnon historique de l’opposant Laurent Gbagbo, qui a connu les sous-sols de la présidence ivoirienne comme prisonnier d’Houphouët-Boigny, avait des comptes à régler, et avait choisi la plus mauvaise des manières en prenant le parti de ceux qui avaient attaqué la république, sans savoir exactement jusqu’où ces derniers étaient prêts à aller. Son désaccord est aujourd’hui total avec Ouattara qui, par des manœuvres douteuses, a réussi à diviser son parti et n’en reconnait désormais qu’une partie qui n’est évidemment pas celle de son fondateur Anaky.

Pascal Affi Nguessan qui a choisi de collaborer avec Ouattara est aujourd’hui politiquement très affaibli et réduit à un titre ” vidé de sa substance ” que ne lui reconnaissent que Ouattara et ses agences de communication.

Comme quoi, choisir de servir les ambitions de Ouattara peut avoir des conséquences très néfastes. J’ai donné quelques exemples, et il y en a d’autres encore, mais je laisse à chacun le soin de compléter cette liste. Vous pourrez même y ajouter des gens qui ne sont pas des hommes politiques, qui sont d’un autre métier mais qui cherchent aujourd’hui à retrouver la popularité qui était la leur avant de révéler leur proximité avec le chef de la rébellion ivoirienne..

Bon, il est tard, donc je vais m’arrêter là pour dire que quand on a décidé de marcher avec Ouattara, il faut bien s’accrocher à lui parce que s’il vous jette, vous êtes politiquement mort . Et si vous avez moins de chance, vous pouvez même vous retrouver six pieds sous terre, comme IB et Doh Félix.

Par Alexis Gnagno avec Excellence Zadi , Geo-Alex Nek Djabouh

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